Bonjour tout le monde !
C’est maintenant la troisième semaine dua #DéfiDuLundi qui se termine. Pour rappel, les thèmes étaient disciple 🙏, monstre 👹 et flammes 🔥. Voyons voir ce que les membres de Supran ont créé pour l’occasion.


Tout d’abord, régalons-nous avec le texte de P’undrak, intitulé « Le Jugement ».

« Un monstre, voilà ce qu’il est ! rugit la voix d'Ishum. Notre cité ne pourra connaître le repos tant que cet assassin vivra, et respirera ! »
Le public se mit à l’acclamer, lui criant des encouragements, et maudissant le nom de Sin-saïd qui était sur le sol du tribunal, à genoux, les mains liées derrière le dos. Son visage était renfermé, ne laissant rien paraître. On le voyait, sale, décoiffé, sa barbe était devenue hirsute sous sa tête penchée en avant. Les entailles des coups de fouet qu’il avait reçu en prison le faisaient souffrir, mais pas autant que sa jambe que le bourreau lui avait cassé, rendant sa position agenouillée insoutenable. Mais il ne pouvait rien faire pour se défendre mis à part attendre, ou plutôt espérer, qu’on lui donne enfin la parole. Un pas de travers, et sa nuque pourrait très bien être désolidarisée de son corps.
Ishum se tourna alors vers le souverain qui présidait du haut de son trône de pierre la salle. Le prêtre était rouge de colère alors qu’il criait son mécontentement.
« Oh Gulkishar, roi de Babylone, je vous en conjure, mettez fin aux jours de cet homme ! Ses horribles crimes ne seraient laissés impunis ! C’est par de sa faute que tant de gens périrent dans d’atroces souffrances ce mois-ci, c’est par de sa faute que des hommes bien portants, et même des femmes, et des enfants, se meurent de faim, se meurent de soif. Ce scélérat nous a maudit, tous ! et par de sa faute, nous nous mourrons ! Il a offensé nos dieux, et de par son sang, nous les apaiserons ! »
Le souverain se leva lentement de son trône, et jaugea Ishum. Son regard se posa ensuite sur Sin-saïd, qui n’avait toujours pas bougé. Il s’exprima enfin, s’adressant à ce dernier :
« Quelle est ta déclaration, Sin-saïd, fils de Bel-samu, disciple de Baassiia. Ton maître t’a-t-il enseigné un quelconque art de faire souffrir autrui ? Estimes-tu avoir offensé les dieux ? Nous as-tu jeté un mauvais sort ?
– Seigneur, Sire, Votre Majesté, Votre Grâce, dit péniblement Sin-saïd. Je peux vous assurer sans l’ombre d’un doute, tout ce que m’a enseigné mon maître Baassiia, ce ne sont que des prières, concoctions et usages des herbes, grains, et liquides qui ne font que venir en aide aux gens. Jamais n’ai-je voulu lancer de malédiction sur notre peuple, et jamais n’ai-je voulu offenser les dieux. Je le jure au nom d’An. Je souffre tout autant que vous de ce désastre, et ne souhaite voir que la fin de ce désastre.
— Il ment ! s’exclama Ishum. Cette situation ne lui est que profitable ! Jamais n’avait-il eu autant de clients qu’avant maintenant, jamais n’avait-il autant vendu de ses potions ! Ne croyez aucune de ses paroles, car elles sont pleines de venin ! »
Le roi se rassit, perplexe quant à la situation. Il ne savait que faire. Sin-saïd avait une excellente réputation auprès des infortunés qui chantaient volontiers ses louanges. Mais ici, dans cette salle du tribunal, seuls étaient présents des personnes du peuple autrement plus riches : des marchands, des notables, des diplomates… Et tous avaient perdu quelqu’un récemment. Il ne pouvait pas se permettre de commettre de faux pas, et se sentait pris en tenailles. Que valait-il mieux faire : risquer une révolte paysanne, ou risquer de se faire au mieux démettre par les puissants, ou au pire…
« Sire, s’exclama Ishum, puisque ce monstre nous a disgracié aux yeux des dieux, ils ne le protègeront donc pas. Ils sont en colère contre lui, ainsi il ne bénéficiera d’aucune aide de leur part. J’invoque ainsi le jugement par le feu ! Qu’on apporte une lame, rougie par les braises, et qu’on la lui applique sur la langue ! La bouche des menteurs est sèche comme un désert, tandis que celle des hônnetes gens produit de la salive en bonne quantité. Si sa langue est brûlée, alors elle aura été trop sèche, marquant son mensonge, et prouvant qu’il est responsable de tout cela. Si elle ne l’est pas, en revanche, nous serons forcés d’admettre que nous avions tort, et il pourra être relâché. Mais nous savons tous quelle sera l’issue de ce jugement, n’est-ce pas, monstre ! » hurla-t-il en se tournant vers Sin-saïd.
Le souverain se leva à nouveau de son trône et fit un signe à un garde. Alors que celui-ci s’emparait d’un brasero qui réchauffait la pièce, le roi déclara :
« Moi, Gulkishar, souverain absolu de Babylone, approuve cela. Si les dieux sont en effet en colère contre nous de par sa faute, alors ils ne le protègeront pas. S’ils considèrent en revanche qu’il est innocent, alors ils le guideront vers sa liberté. »
Le garde arriva à côté de Sin-saïd, déposa le brasero et inséra dans les braises sa dague.
« Sin-saïd, fils de Bel-samu, disciple de Baassiia, souhaites-tu dire quelque chose avant ton jugement par les dieux ? demanda le roi.
— Gulkishar, mon roi, je me remets entièrement en votre décision. Puissent les dieux me bénir et prouver mon innocence. Je souhaiterais, le temps de la préparation de la lame, prier en silence.
— Très bien, ton souhait est accordé. »
Alors que Sin-saïd rebaissa la tête et commença à marmonner des supplications envers diverses divinités, plusieurs gardes étaient également arrivés au niveau du brasero, attisant autant que faire se peut les braises, réchauffant progressivement la lame. Au bout de quelques minutes, elle commença à apparaître comme étant rougeoyante.
« Il est l’heure, Sin-saïd, les dieux ont eu le temps de se décider, à nous de voir si tu nous as menti. »

Nous avons maintenant un dessin fait par Virgule


Ensuite, nous avons un texte écrit par Camille Ksaz

Le feu qui jaillissait de ses mains était d’un bleu pâle. Une couleur qui impressionnait les autres démons, faisant de lui un des démons supérieurs les plus respectés. Bien qu’il se cachait loin de tous, il savait qu’il ne pouvait échapper à son destin. Chacun de ses semblables devait chercher des disciples sur terre pour pouvoir gagner des grades et faire entendre leur voix parmi les mortels mais également pour devenir dirigeant d’un territoire démoniaque.
Sincèrement, il n’avait aucune envie de donner des ordres et encore moins de forcer des êtres fragiles à lui obéir. Il préférait les observer. Ils étaient si intéressants, persuadés d’être entièrement libres alors que les dieux et les diables se jouaient d’eux à chaque seconde. Et pourtant, ils arrivaient à forcer ceux qui les manipulaient à user de stratagèmes pour arriver à leurs fins. Les races immortelles pouvaient dire ce qu’elles voulaient, les humains finissaient toujours par décider. Même si cela les poussait vers la mort, ils avaient toujours le choix. Alors que ceux qui ne pouvaient mourir devaient asservir ces êtres pour pouvoir gagner du pouvoir.
À la fin de la journée, c’est les faibles qui détenaient la vraie puissance.
Cela faisait plus de cinq mille ans qu’il observait la vie évoluer et cette conclusion lui semblait la plus fiable. Il souffla avant de prendre une forme tangible. Il ne voulait pas ressembler à ses confrères qui choisissaient de ressembler aux images qui horrifiaient les terrestres. Non, il choisit un corps simple, ressemblant à n’importe quel homme. Ni beau, ni laid. Ni grand, ni petit. Ni fort, ni faible. Enfin d’apparence. De toute façon, quoi qu’il arrive, ses flammes le protégeraient en cas d’urgence. Il descendit sur terre en un éclair. Littéralement.

Il était plus que temps de se résoudre à trouver des disciples. Mais il ne ferait pas comme les autres. Ses disciples garderaient leur libre-arbitre, il se le promettait.

Voici maintenant le dessin que Confused Cat a fait pour le défi de cette semaine


Enfin, voici le texte écrit par Nehliehl

22:06. Après avoir jeté un coup d’œil rapide à sa montre, Roxane accéléra le pas pour rentrer chez elle. Il ne lui restait plus que quelques minutes avant le couvre feu décrété par l'état pour « empêcher les habitants de prendre des risques le soir et limiter les actes de vandalisme dans les rues ». Une belle connerie selon elle, mais si elle se faisait attraper seule dans la rue sans laisser-passer elle aurait droit à un blâme au minimum et son salaire, déjà maigre, ne s'en remettrait pas. Quelle idée elle avait eu d'aller faire des courses à une telle heure... Enfin, c'était ça ou se priver de petit déjeuner le lendemain, et il était hors de question qu'elle se passe de son verre de chocolat chaud, sa vie était déjà bien assez morose comme ça, non merci !
Pressant le pas à travers les rues désertes, elle regardait à peine les bâtiments autour d'elle, tous des répliques exactes les uns des autres, grands, gris et fonctionnels. Perdue dans ses pensées, elle prit machinalement un raccourci jusqu'à son appartement, s'enfonçant dans les petites rues qui la séparaient de son lit. Au bout de quelques minutes passées dans la pénombre des ruelles mal éclairées, elle se rendit compte que quelque chose n'allait pas. Habituellement, même à cette heure tardive, les passants des grandes rues alentour faisaient du bruit en marchant et en parlant. Les chats sauvages miaulaient et renversaient des poubelles pour se nourrir, et le bruit des camions de surveillance de l'armée n'étaient jamais loin, contribuant au brouhaha ambiant, et pourtant la jeune fille n'entendait que le silence qui commençait a l'oppresser, comme prenant physiquement forme autour d'elle.
Comme dans un mauvais film d'horreur, elle entendit soudain un bruit derrière elle. Un raclement étrange et prolongé, comme si quelqu'un avait traîné un objet lourd sur le sol. Le cœur battant la chamade, elle se retourna lentement, espérant juste qu'un animal avait fait ce bruit. Un chat, un petit chat perdu et tout mignon, sûrement aussi roux qu'elle et qu'elle pourrait ramener chez elle... Au terme de son mouvement, elle vit un animal. Malheureusement pour elle, le petit chat qu'elle avait imaginé n'était pas exactement... Petit. Ni un chat d'ailleurs. De grands yeux rouges de prédateur, à hauteur des siens (elle mesurait pourtant un bon mètre soixante-dix) la captivèrent un instant, avant qu'elle enregistre douloureusement l'entièreté du monstre qui lui faisait face.
Pendant quelques secondes, elle fut happée par la scène. Un monstre d'au moins 1m60 au garrot la regardait comme elle regardait son chocolat chaud du matin, avec une gourmandise palpable. Un nombre étrangement grand de dents qui dépassaient de sa mâchoire, elle était aussi bien trop épaisse pour être normale, quatre pattes musclées au bout desquelles jaillissaient trois griffes aussi grandes que l'avant bras de la jeune fille. Des oreilles qui bougeaient au rythme des battements de son cœur, et au lieu de la fourrure attendue sur une telle monstruosité, une peau écailleuse cachant des muscles secs et faits pour la chasse.
Cet instant de fascination pris fin lorsque Roxane comprit finalement quelque chose de très important. La peur, c'est bien, la fascination aussi, à petite dose, mais pour le moment, courir c'était beaucoup mieux !
Elle lança son sac de courses sur la créature, se retourna et pris ses jambes à son cou, en espérant de toute son âme que la bestiole serait trop grosse pour les petites rues qu'elle allait emprunter pour la semer !
Sans un regard en arrière, elle slaloma entre les immeubles sans penser un instant à son souffle de plus en plus court et à la douleur lancinante dans ses poumons. Après quelques minutes de courses effrénée, elle allait enfin arriver sur l'avenue qu'elle avait quitté plus tôt. La lumière à quelques mètres d'elle signifiait son salut, même à cette heure tardive, des militaires seraient la pour encadrer la fin de la circulation, et pourraient abattre l'immonde créature qui la poursuivait. Au moment ou elle entamait son dernier sprint vers la survie, elle trébucha sur un caillou. Le destin, avec un rire moqueur, décida que sa fuite s’arrêtait la, aux portes de la salvation. Même à travers le bruit de son cœur battant la chamade, elle entendait les raclements du monstre derrière elle. Luttant pour ramper et avancer encore malgré sa chute, elle entendit un grand bruit derrière elle, comme si quelque chose de lourd venait de sauter. C'est la fin, pensa la jeune fille apeurée.

On espère que ça vous a plu ! On se retrouve la semaine prochaine pour les résultats du nouveau #DéfiDuLundi, dont les thèmes sont labyrinthe, sylvain et bourgeois.