Hello tout le monde ! Nouvelle semaine, nouveaux résultats du #défidulundi qui portaient ce coup-ci sur pistoleros 🔫, licorne 🦄 et yack 🐃. Aujourd’hui, nous avons deux textes, un par Camille Ksaz et un par P’undrak. Voici le premier par Camille.

Photo by Danielle MacInnes / Unsplash
— Dame Azazelle, Déesse des Armes, Détentrice des Lames Jumelles de l’Enfer, du Bouclier de la Chance, de...
— On va devoir toutes les faire ?
— Excusez-moi ma Dame, c’est la règle.
— C’est donc ça ma sentence...
Azazelle s’était faite confisquer son armure après que les autres Dieux l’aient mise hors d’état de nuire. Elle se retrouvait maintenant dans une forêt où aucune arme n’était autorisée. Tous craignaient qu’elle puisse en utiliser une pour s’enfuir. Ils étaient assis sur des troncs de bois face à Balante, Dieu de la Justice. Sa grande cape d’un bordeaux profond flottait au-dessus du sol. Il avait toujours eu peur des insectes, assez ridicule pour un des Créateurs de la Vie. Azazelle remit une de ses mèches blondes derrière son oreille avant de lancer un regard amusé à Balante accompagné d’une de ses fameux piques :
— Toujours aussi peureux, Balounet ?
Le Dieu au trait sévère fronça ses sourcils grisâtres en serrant le poing :
— Tu as de la chance que je n’ai pas mon marteau, Az’.
— C’est toi qui a de la chance tu veux dire. Même les mains et les pieds liés je te mange les yeux bandés.
— Oui, c’est ça. On verra si tu fais autant la maline après ton jugement.
— On va voir ça. J’ai hâte de savoir de quoi tu m’accuses pour oser me traiter comme si j’étais un vulgaire Dieu Tertiaire.
— Tu le sais très bien. Merci Blaire, tu peux aller t’asseoir avec les autres.
La petite personne qui avait présenté Azazelle courut vers le seul tronc encore libre au dernier rang. Blaire était l’une des Faes favorites de Balante. Il avait fait de lui son assistant. C’était sûrement à cause de sa forme inoffensive, mélange de renardeau et d’humains, ou à sa tenue de bibliothécaire que Balante se sentait proche de lui. La différence était que Blaire avait choisi sa forme alors que les parties inhumaines de Balante qu’il cachait sous sa cape était loin d’être un choix. Le juge toussa avant d’annoncer l’accusation :
— Dame Azazelle, vous êtes accusée d’être intervenue auprès des Hommes en bénissant un couple pour qu’il puisse avoir des enfants. Vous avez également confiés à ses derniers le secret des Armes, leur permettant de les réparer et les maîtriser à une vitesse inhumaine. Vous plaidez ?
— Coupable, bien entendu, Balounet.
— … Tu as au moins réfléchi à ta défense ?
— Bien sûr. Je l’ai fait parce que je m’ennuyais alors que maintenant je vais pouvoir m’amuser à voir ce que mon pouvoir fait quand j’influence directement les Hommes.
— Sérieusement...
Azazelle sourit à Balante avant de casser ses chaînes par sa seule volonté. Elle les attrapa et se moqua avant de les reposer :
— Vous savez que tout est une arme si je le veux, de ses chaînes à ton assistant ?

Photo by Joen Patrick Caagbay / Unsplash

Nous avons ensuite le texte de P’undrak :

« Ce qui pourrait nous aider, ce serait de la poudre de corne d’une licorne, notre médecin dans notre vilage en utilisait souvent et c'était plutôt efficace » dit Mérian au Lettré.
Ce dernier se mit à rire aux éclats, alors qu’Éreth et sa sœur le regardaient d'un air perplexe. Il reprenait son souffle, et tenta de s’exprimer, les mots entrecoupés de sursauts de rire.
« De la poudre de licorne, elle est bien bonne celle-là !
— Pourquoi donc ? C’est fréquemment utilisé dans les remèdes, les médecins auraient-ils tort d’en utiliser ? s’exclama Éreth »
Le Lettré se calma encore un peu, mais le regardait toujours d’un air amusé.
« Mon pauvre Éreth, cela fait bien longtemps que les licornes ne sont plus de ce monde. Cela fait même environ six mille ans qu’elles ont disparu. Si ton médecin a réellement pu s’en procurer, c’est qu’il doit être plus riche encore que tous les souverains des cinq siècles derniers réunis. Cela fait belle lurette que tout ce qu’elles ont laissé derrière elles ne sont que légendes fantasques n’ayant aucun rapport avec la réalité. D’ailleurs, leurs cornes n’avaient même pas tant de valeur que ça à l’époque !
— Vous en parlez comme si vous en avez vu, est-ce le cas ? demanda Mérian.
— Oui, en effet, j’en ai vu. Quelques unes seulement, et uniquement quand j’étais encore un enfant ou un jeune adolescent. Mon père était chasseur, et m’élevais en tant que tel. Je l’ai vu en chasser quelques unes.
— Pourquoi les chasser ? N’étais-ce pas des créatures sacrées ? N’étaient-elles pas vénérées ? dit Mérian, les yeux grands ouverts, le visage blême.
— Vénérées, ces abruties de licornes ? Non, si elles étaient vénérées, c’était à coup de flèches et d’argent pour leur cuir, qu’il ait encore du pelage pour décorer les intérieurs des nobles, ou sans pour des tanneries de bonne qualité. Mais ça ne valait pas l’ours quand même. Ou le bœuf, ria le Lettré.
— Mais pourquoi n’y en a-t-il plus alors ?
— On les as trop chassées. D’ailleurs, quand j’étais encore un gamin, elles se faisaient très rares. La seule que j’ai croisé une fois adolescent, je l’ai embrochée d’une flèche au travers de son cœur. Je me suis fait passer une branlée par mon père car non seulement j’avais abîmé le cuir en le perçant, mais en plus j’avais abimé le cuir de la seule licorne qu’on avait vu en plusieurs années. Et la dernière d’ailleurs. C’est l’un des trucs que j’ai appris quand j’ai reçu la sagesse des Créateurs. Et cette abrutie n’avait même pas eu peur de moi quand je l’ai approchée. Les licornes étaient connes, n’avaient pas beaucoup de valeur, et se sont fait exterminées. C’étaient des victimes de la nature. »

Et voilà pour cette semaine, on se retrouve la semaine prochaine pour le #défidulundi qui portera sur les thèmes sauveteur 🦸, alien 👽 et froid ❄.